Adolescence

Winnicott est le premier psychanalyste a avoir écrit : « Vous avez semé un bébé et récolté une bombe : en fait, c’est toujours vrai, même si cela n’apparaît pas toujours. » 

Pour ajouter, le 18 juillet 1968, après les événements qui ont changé le monde occidental : « Laissons les jeunes changer la société et enseigner aux adultes comment voir le monde d’un œil nouveau. » Le discours de D. W. Winnicott est aussi tout empreint d’humour, d’humanisme et d’optimisme. L’adolescence est un processus naturel, un signe de bonne santé, auquel il s’agit de « faire face », auquel il faut laisser du temps, plutôt que de tenter d’y remédier. 

Chaque thérapeute pourrait faire siennes ces deux références winnicottiennes : « Le remède à l’adolescence est le temps », mais aussi, « Le problème, c’est : comment être adolescent au moment de l’adolescence. C’est extrêmement difficile pour quiconque. » À cet âge, comment aborder pour le thérapeute, avec suffisamment de créativité, ce processus psychique complexe, conflictuel, incertain, à la recherche de repères et de certitude absolue ? 

Le risque pour le psychanalyste pourrait être de tomber dans une description plaquée sur la théorie et la pratique auprès d’adultes demandant justement en priorité la levée du refoulement et l’accès à l’inconscient. Ici, le Moi menacé toujours par la régression, face à la poussée pulsionnelle pubertaire, est peut-être plus en quête de refoulement que de levée de celui-ci ? 

« L’adolescence, c’est quelque chose de violent, assez analogue à l’inconscient refoulé de l’individu, souvent pas très beau, quand on le découvre à l’air libre. » 1

  1. Winnicott et la création humaine, Sous la direction de Alain Braconnier, Bernard Golse Année : 2012 Collection : Le Carnet psy Éditeur : ERES.